Nous avons gagné la bataille, mais nous avons perdu la guerre

La guerre est toujours sur la politique. Une raison pour laquelle les États-Unis ont échoué dans la Guerre contre la Terreur en Afghanistan et au Moyen-Orient est le fait que les politiques ont oublié l’élément fondamental pour gagner une guerre: l’utilisation efficace de la stratégie militaire et de la diplomatie. L’utilisation de la stratégie militaire avait permis de gagner la bataille, mais la guerre n’était pas terminée. Depuis 2001, les structures et les objectifs politiques ont constamment changé. Les États, particulièrement les États-Unis, ne sont plus les seuls acteurs avec une puissance extérieure. Il y a eu plutôt une augmentation des acteurs non-étatiques violents qui démontrent une sérieuse menace à la civilisation.

 

Dans un monde où les acteurs non-étatiques violents sont devenus une partie de la politique contemporaine et des relations internationales, l’hostilité concernant l’augmentation de ces acteurs et la Guerre contre la Terreur se sont élargies dans un conflit régional. Mandelbaum a dit que les traditions de politique étrangère américaine, qui sont basées sur «des intérêts, pas des idéaux», ont produit l’intervention américaine en Irak et en Afghanistan. Cette déclaration a été réalisée dans la Stratégie de sécurité nationale 2002. Ce document a engagé les États-Unis à la suprématie militaire mondiale et il a désigné la démocratie comme le modèle le plus stable de succès national. Ainsi, le soutien des traditions de la politique étrangère américaine basées sur la volonté d’agir unilatéralement, sur son l’utilisation de mesures de guerre préemptives et sur sa la recherche de la démocratie par le changement de regime, sont certainement considérés comme la raison de l’échec de la guerre en Afghanistan. Le changement de régime a échoué en Afghanistan et a créé plus de violence et de corruption. Cette stratégie politique a permis à la coalition des volontaires de soutenir leur chef de file préférable mais elle avait peu de connaissances des politiques du pays cible.

 

“Cette approche autonome qui représente l’unilatéralisme avait été établie moins à cause de l’idéologie, mais plus pour l’efficacité.”

Les actions unilatérales des États-Unis n’ont pas commencé le 11 septembre et elles n’ont pas commencé avec l’administration Bush. La politique étrangère américaine avait plutôt été influencée par la droite chrétienne après la Seconde Guerre mondiale. À cause de la menace aux intérêts des États-Unis après le 11 septembre, l’administration Bush a utilisé le 11 septembre pour légitimer l’élargissement de la puissance américaine afin d’assurer la suprématie militaire et économique des États-Unis.

 

Ce désir de supériorité militaire n’est pas nouveau, mais en fait, il est ancré dans la tradition américaine. La poursuite de la vie, de la liberté et du bonheur pour les Américains constituait la base de la discours de l’administration Bush sur l’unilatéralisme et dans son mépris pour les Nations Unies. Aussi, il est basé sur le mépris de l’administration Bush pour les alliés américains qui ont bloqué les efforts américains pour faire la guerre en Irak. Cette approche autonome qui représente l’unilatéralisme avait été établie moins à cause de l’idéologie, mais plus pour l’efficacité.

 

Puisque les États-Unis avait été établis comme un état qui se concentre sur des actions unilatérales, et non pas sur la coopération multinationale, il est devenu un état soucieux de préserver sa souveraineté. Mais, les États-Unis étant une superpuissance, ils ont eu le droit de déterminer l’ordre mondial. Cet objectif a été accompli avec ses idéaux politiques et sociaux. Ce qui était clairement évident avec l’invasion de l’Irak en 2003. Particulièrement, les États-Unis et la coalition des volontaires sont allés en guerre dans un état souverain sans l’autorisation des Nations Unies. Nous n’avons pas besoin d’actions unilatérales comme l’invasion de l’Irak, mais plutôt d’un engagement actif dans les états en guerre. Les conséquences de l’unilatéralisme américain et son obsession d’établir les États-Unis en tant que chef de file mondial, ont engendré des politiques et des guerres illégales. Il a aussi créé une animosité parmi ses alliés qui se sont opposés sévèrement à l’invasion de l’Irak en 2003.

 

La politique étrangère américaine priviligie les intérêts et les libertés nationaux de ses citoyens. Bien que les États-Unis soient tout à fait capable de mener l’Amérique du Nord vers ces objectifs et protéger les intérêts, les droits et les libertés de ses citoyens, cette approche aboutit à des missions ratées, des guerres perdues et des politiques inefficaces. À la fin de la guerre en 2014, il était évident qu’une défaite militaire des talibans et d’Al-Qaïda en Afghanistan n’a jamais été possible. Le changement de régime a seulement provoqué des insurrections plus puissantes et des batailles qui continuent aujourd’hui, parce qu’une menace précédente a été remplacée par une menace plus dangereuse.

 

Photo: Sgt de l’armée américaine Michael Misheff vole le drapeau américain à l’arrière d’un CH-47 hélicoptère Chinook, Province de Kandahar, Afghanistan (2014), par le Sgt du personnel Bryan Lewis via Département américain de la Défense. Licencié sous CC 2.0.

 


Avertissement: Les points de vue exprimés dans les articles sont uniquement ceux des auteurs et ne représentent pas nécessairement les opinions de l’Association OTAN du Canada.

Jayson Derow

About Jayson Derow

Jayson Derow is a Research Analyst at the NATO Association of Canada and the President of the Youth Atlantic Treaty Association of Canada. Jayson has completed his studies for a Bachelor of Human Justice with a major concentration in Social Justice and Human Rights, a Psychology Minor, a Women’s and Gender Studies Minor, along with a Bachelor of Arts Honours Major in Political Science from the University of Regina. He has also completed a Master of Arts in Political Studies, with a specialization in International Relations at Queen’s University. Jayson is currently pursuing a Certificate in French as a Second Language at the University of Regina.

Jayson was previously a policy intern with the Iraq and Afghanistan Veterans of America (IAVA) in Washington, D.C. where he worked to raise awareness in the media, on Capitol Hill, and among society as a whole in order to create a country that honours and supports post 9/11 veterans through education, advocacy, and community building. Eight years of military experience in the Canadian Armed Forces with the Royal Regina Rifles and one deployment to Afghanistan in 2010 has influenced his desire to study politics and international relations. His research interests broadly concern American, Canadian, and European foreign and defence policy analysis, Western state relations with NATO, Western policy and the MENA region, and war and civil conflict. Jayson can be reached at derow.jayson@gmail.com or yatacanada.president@gmail.com